
Publié le :
Au Japon, un quatrième ministre, au cœur de scandales politico-financiers, est contraint à la démission en trois mois. Un limogeage qui affaiblit le gouvernement du Premier ministre Fumio Kishida, de plus en plus impopulaire dans les sondages d’opinion.
Le Premier ministre Fumio Kishida ne choisit pas ses ministres en fonction de leur compétence et de leur honnêteté, mais en raison de leur appartenance aux factions les plus influentes au sein du parti conservateur, explique notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles. Cela pour ne pas se faire d’ennemis.
Kenya Akiba, le ministre de la Reconstruction, était chargé de revitaliser les régions meurtries, depuis mars 2011, par le tsunami géant et l’accident nucléaire de Fukushima. Il a reconnu que son épouse et sa mère avaient perçu, durant des années, des fonds de groupes politiques sous la forme de paiements de loyer. Il est aussi accusé d’avoir rémunéré illégalement des assistants lors d’une campagne électorale.
Kenya Akiba démissionne, dit-il, pour ne pas retarder, en janvier 2023, les débats au Parlement sur l’adoption du budget de la prochaine année fiscale. Mais il se défend « d’avoir agi de façon illégale ».
Scandales à répétition
La vice-ministre des Affaires intérieures et des Communications, Mio Sugita, a également démissionné mardi 27 décembre. Cette femme politique d’extrême droite avait été rattrapée ces dernières semaines par des propos discriminatoires qu’elle avait tenus par le passé sur la communauté LGBT+ et des minorités ethniques au Japon.
En novembre, le ministre de la Justice Yasuhiro Hanashi avait été limogé pour s’être plaint de ne retenir l’attention des médias que lorsqu’il s’agissait de signer l’ordre d’exécution d’un condamné à mort.
► À lire aussi : Au Japon, démission d’un troisième membre du gouvernement Kishida
Ces scandales à répétition fragilisent le Premier ministre Fumio Kishida et son cabinet qui, d’après les sondages, obtiennent à peine 30% d’opinions favorables. Ce niveau est considéré comme dangereux pour l’avenir de tout gouvernement au Japon.
L’été dernier, l’assassinat de l’ancien Premier ministre Shinzo Abe avait mis au jour les liens entre le parti conservateur et l’Église de l’Unification, appelée aussi « secte Moon ». L’assassin présumé reprochait à Shinzo Abe d’être proche de cette secte qui aurait ruiné sa famille.
Fin octobre, le ministre de la Revitalisation économique, Daishiro Yamagiwa, avait été limogé pour ses relations avec la secte. Ces révélations expliquent plus que tout l’impopularité du Premier ministre Fumio Kishida et de son équipe.